
Après la mort du Pape, le Conclave se réunit afin d'élire son successeur. Plusieurs votes sont nécessaires avant que ne s'élève la fumée blanche. Enfin, un cardinal est élu ! Mais les fidèles massés sur la place Saint-Pierre attendent en vain l'apparition au balcon du nouveau souverain pontife. Ce dernier ne semble pas prêt à supporter le poids d'une telle responsabilité. Angoisse ? Dépression ? Peur de ne pas se sentir à la hauteur ? Le monde entier est bientôt en proie à l'inquiétude tandis qu'au Vatican, on cherche des solutions pour surmonter la crise...

Cinq ans après Le Caïman, satire réjouissante du système Berlusconi présentée au Festival de Cannes 2006, le réalisateur Nanni Moretti était de retour sur la Croisette avec l'une de ses oeuvres les plus accomplies, le magnifique et déroutant Habemus Papam. Un film entre réflexion existentielle et pure comédie, dans lequel le cinéaste italien incarne un psy confiné au Vatican pour convaincre le pape nouvellement élu d'accepter sa charge et sa destinée. Ici, la force de l'émotion émane d'abord de l'acteur Michel Piccoli, tout simplement magistral en pontife en pleine crise de foi, qui illumine de sa présence une fable tragicomique profonde et captivante. Épaulé par un comédien en état de grâce, Nanni Moretti suit ainsi avec tendresse les pérégrinations de son personnage principal, bouleversant de vulnérabilité, et réussit à faire des hauts responsables religieux des hommes drôles et attachants. Au gré de séquences inoubliables, il décrit ici une institution aux rites séculaires et dénonce, sur le ton de la comédie burlesque et de l'ironie, la vacance de tous les pouvoirs dans une ode inspirée à la liberté individuelle. Une merveille de finesse, d'humour et d'analyse tant politique que psychologique, pour une leçon d'humanité que l'immense Michel Piccoli nous fait partager avec bonheur. Du grand art.